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Au Sahel,le Droit International Humanitaire peut-il encore proteger les femmes et les filles contre les violences?

Intersection 1 - Thématique 1

Intersection 1 travaillée dans l'activité : 

Parents du terme
Droits, justice sociale, inclusion

Séparateur

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croisé avec

Intersection 1 - Thématique 2

Parents du terme
Droits, justice sociale, inclusion

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Intersection 2  travaillée dans l'activité : 

Parents du terme
Droits, justice sociale, inclusion

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Nom

croisé avec

Parents du terme
Éducation, éducation populaire et à la citoyenneté

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Intersection spécifique
violence basée sur le genre en lien avec la protection des femmes et des filles dans un contexte de conflit armé non international au Sahel et plusieurs de violences structurelles.
Entité collective

Alternative Espaces Citoyens (AEC)

Vous souhaitez collaborer avec cette entité collective? Vous pouvez la contacter à cette adresse:

Entités co-organisatrices
Type d'activité
Activités du processus FSMI (avant ou après l'événement)
Lieu (Descriptif)
Espace Frantz Fanon d'Alternative Espaces Citoyens sis au siège social de l'organisation
Pays
Niger
Début de l'activité (Heure locale)
Fin de l'activité (Heure locale)
Fuseau horaire
Africa/Niamey
Début de l'activité (Montréal)
Fin de l'activité (Montréal)

Annonce/Action

Titre de l'annonce
Bilan et perspectives de notre participation au FSMI et intentions processus FSM2026
Descriptif court de l’annonce
Bilan et perspectives de notre participation au FSMI et intentions processus FSM2026

Documentation de l'activité

 

Rapport de la conférence 

« AU SAHEL, LE DROIT INTERNATIONAL PEUT-IL ENCORE PROTEGER LES FEMMES ET LES FILLES CONTRE LES VIOLENCES.>>

Le vendredi 13 février 2026, s’est tenue dans les locaux d’Alternative Espaces Citoyens, la quatrième conférence du panel autour du thème « Au sahel, le droit international peut-il encore protéger les femmes et les filles contre les violences ? ».  Cette conférence a eu lieu sous la modération de Mme Garba Djibo Aissata en présence de deux experts : Mr Alfred GOUBADJE & Mr Abdoul Kader ABOU KOÏNI. 

Étaient présents : 

  • Les représentants des différentes organisations et partenaires ; 

  • Les membres du panel de Haut niveau ; 

  • Ainsi que les médias. 

    Déroulement du panel 

 Fidèle au déroulement de la conférence, la modératrice a brièvement introduit les deux intervenants : Mr Alfred GOUBADJE juriste, Président du RASAPRES DIH DHexpert en DIH et droits humains, jeune ambassadeur en Médiation paix et sécurité au Sahel & Abdoul Kader ABOU KOÏNI docteur en Droit public, Enseignant chercheur à la faculté des sciences juridiques et politiques à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Avant de débuter leur intervention, ils ont tenu à rendre un hommage particulier à Mr Moussa Tchangari, Secrétaire Général d’Alternative Espace Citoyen détenu depuis plus d’un an. 

Après avoir présenté les sources et les textes applicables, un accent a été mis sur l’application du DIH au Sahel. L’intervenant a exposé le fait que le DIH existe pour donner un visage humain à la guerre. En effet, le DIH n’interdit pas la guerre mais vient réglementer la guerre. Elle repose traditionnellement sur deux branches que sont : le Droit de La Haye qui régit la conduite des hostilités, il fixe les règles du jeu pour les combattants. Son principe clé est le suivant : on n'a pas un droit illimité sur le choix des moyens de nuire à l'ennemi, notamment l’nterdiction de certaines armes et l’interdiction de viser les civils. La seconde branche relative au Droit de Genève qui régit la protection des victimes se concentre sur les personnes hors de combat, c’est-à-dire les blessés, les prisonniers ou les civils. Il repose sur le fait que le respect de la dignité humaine doit être maintenu, même pour l'ennemi capturé ou blessé.

Pour revenir au sahel, les experts ont souligné la présence des guerres asymétriques qui sévissent depuis plus de dix ans, rendant ainsi plus complexe le DIH. Ce sont des guerres qui opposent des belligérants dont les capacités militaires, les ressources ou les structures organisationnelles sont profondément inégales. Typiquement, elle oppose une armée régulière étatique à des forces irrégulières ou des groupes armés non étatiques comme Boko Haram ou l’EIGS. Ces nouvelles formes de guerre constituent des défis majeurs pour le DIH dont le respect des principes fondamentaux devient complexe dans ces configurations.  Pour shématiser, il a expliqué que les combattants asymétriques se mêlent aux civils rendent l'identification des cibles légitimes extrêmement difficile. Si un belligérant utilise des civils comme boucliers humains, l'attaquant reste néanmoins obligé de distinguer les cibles. Les dommages collatéraux sur les infrastructures civiles (hôpitaux, réseaux électriques) sont fréquents lorsque des objectifs militaires y sont imbriqués. Le DIH exige que l'avantage militaire ne soit pas excessif par rapport aux pertes civiles. Un autre risque majeur est que l'armée régulière abandonne le respect du DIH au motif que son adversaire ne le respecte pas. Or, le DIH est inconditionnel, il s'applique même si l'adversaire le viole. Face à ces défis, il est sans équivoque que l’application stricte du DIH reste une contrainte pour le sahel. 

 Outre ces enjeux, la violation du DIH soulève des défis sociétaux majeurs. D'une part, le droit à l'éducation subit une régression alarmante, touchant particulièrement les jeunes filles dont la déscolarisation est accentuée par les enlèvements, les mariages forcés, l'enrôlement de mineurs et les violences sexuelles. D'autre part, la sphère économique est durement affectée par l'expropriation foncière et la destruction massive du cheptel. Ces conséquences, inhérentes aux tactiques de guerre asymétrique, constituent des violations flagrantes du DIH en ce qu'elles compromettent durablement la survie et le bien-être des populations civiles. 

la conférence a accueillie une centaine des participants au lieu de 60 participants qui étaient annoncés.

les liens suivants sont deux videos produites dans le cadre de cette activité. le premier lien est la couverture médiatique d'une télévision de la place et le deuxième renvoi a un élément produit par une collègue, journaliste a la radio alternative fm, Mariama Yacouba Oumarou.

https://www.facebook.com/share/v/1FTePViLXX/

https://www.facebook.com/share/v/1Dc4uU7TVi/

 

Fichier de documentation

Description de l’activité : 

Avant la description de l'activité, il est important pour nous de vous préciser que les trois (3) liens des réunions teams affichés ci-haut sont des liens successifs de une heure chacun. en effet, le premier lien débutera de 14H30 pour finir à 15H30; le second de 15H30 à 16h30; et le troisième lien de 16H30 pour finir à 17H30.

https://teams.live.com/meet/9388968217556?p=kUceZHs1LtkEiarqjv (14H30-16H30)

https://teams.live.com/meet/9332867441223?p=1bHljuwRWoBHbknU7Z (15H30-16H30)

https://teams.live.com/meet/9367081674503?p=IvFxz1smNez9aWWF6q (16H30-17H30)

 

La région du Sahel est marquée par des conflits armés non internationaux persistants, l’expansion de groupes armés non étatiques, l’instabilité politique et une crise humanitaire aiguë. Dans ce contexte, les femmes et les filles sont exposées de manière disproportionnée à diverses formes de violences, notamment les violences basées sur le genre (VBG), les mariages forcés, les enlèvements, l’exploitation sexuelle et les déplacements forcés. Bien que le Droit International Humanitaire (DIH) prévoie des protections spécifiques, son application sur le terrain est entravée par l'effritement de l'autorité de l'État et la méconnaissance des normes par les belligérants.

Au Niger, la situation sécuritaire reste marquée par une pression persistante aux frontières, particulièrement dans la zone des Trois Frontières (Liptako-Gourma) et dans le bassin du Lac Tchad. Malgré les efforts de stabilisation, le conflit a muté, les groupes armés non-étatiques utilisent désormais de manière systématique des tactiques affectant directement l'intégrité des femmes et des filles. Le Niger, signataire des Conventions de Genève et de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, fait face à un défi de mise en œuvre. Dans les régions de Tillabéry, Tahoua et Diffa, l'état d'urgence et la suspension de certains services publics créent des zones de silence où le droit peine à pénétrer. Les femmes, piliers de l'économie rurale et de la cohésion sociale, se retrouvent prises entre les impératifs de la lutte antiterroriste et la violence des groupes radicaux. 

Toutefois, l’ampleur et la récurrence des violations observées au Sahel interrogent l’effectivité réelle de ces normes juridiques sur le terrain. D’où la nécessité d’analyser la capacité du DIH à prévenir, limiter ou sanctionner les violences faites aux femmes et aux filles dans le contexte sahélien actuel.

Aujourd’hui, vingt-six ans après l'adoption de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Niger a réaffirmé son engagement à travers ses Plans d'Actions Nationaux (PAN 1&2). Cependant, l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » souffre d’une déconnexion entre la haute diplomatie et la réalité des femmes rurales et urbaines. La paix ne saurait se limiter à l'absence de conflit armé, elle doit s’étendre à la sécurité juridique au sein de la société. 

À cet effet, dans l’optique d’appuyer l’État dans le respect de ses engagements en matière de paix et de droits humains, l’association Alternative Espaces Citoyens (AEC) et l’ONG Alliance pour la Paix et la Sécurité (APAISE NIGER) mettent en œuvre le projet intitulé « Promouvoir et valoriser le rôle et le potentiel des femmes dans la prévention et la gestion des conflits au Niger » avec l’appui financier de l’Union Européenne à travers OXFAM Novib et ROTAB. Ce projet est mis en œuvre dans six régions du Niger à savoir (Agadez, Diffa, Niamey, Tahoua, Maradi et Tillabéry).

 

Dans ce cadre, des groupes de travail ont été mis en place dans les régions cibles. Ces groupes sont chargés d’identifier, de documenter et de remonter les cas de violences basées sur le genre (VBG) en période de conflit. Par ailleurs, un panel national de haut niveau composé de 10 femmes-filles, a été mis en place et a pour mission de centraliser les informations collectées, de formuler des recommandations et faire un plaidoyer à l’endroit de l’Etat pour une prise en charge et/ou une amélioration de la situation des femmes qui subissent les violences.

Dans le cadre de cette mission, le panel de haut niveau organise une conférence à Niamey sous le thème « Au Sahel, le Droit International Humanitaire (DIH) peut-il encore protéger les femmes et les filles contre les violences ?». Elle permettra de créer un espace de dialogue, permettant de déconstruire les mécanismes de légitimation des violences et promouvoir une réforme structurelle des pratiques sociales et juridiques pour garantir la dignité des femmes et l'avenir des enfants au Niger.

Langue
Français