La langue maternelle : Un atout pour le développement durable est une activité En route vers le FSMI conçue et organisée par l’Action citoyenne pour le développement intégré (ACDI) qui a eu lieu au Cameroun, le 21 février dernier. Cette activité promeut la diversité culturelle et le multilinguisme pour l’occasion de la journée internationale de la langue maternelle, mettant en scène l’importance de la langue maternelle dans une perspective de développement.
Les Conférences internationales sur la langue et le développement sont organisées tous les deux ans depuis 1993. Elles rassemblent des professionnels et des chercheurs qui s’intéressent aux rôles que jouent les langues dans le développement à travers le monde. Ces conférences abordent des questions concernant les langues internationales, régionales, nationales, dominantes et non dominantes en lien avec le développement humain, culturel et économique, ainsi qu’avec la politique linguistique et l’éducation.
À cet effet, la Journée internationale de la langue maternelle a été proclamée par l’UNESCO le 21 février 2000 et est célébrée à cette même date chaque année, dans le monde en général et au Cameroun en particulier, afin de promouvoir la diversité culturelle et le multilinguisme. Par ailleurs, la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable. Cependant, l’attention se porte essentiellement sur les langues menacées, plaçant ainsi la sauvegarde de la diversité linguistique au même niveau que celle de la biodiversité. D’où la nécessité de préserver les langues maternelles.
Au Cameroun, la diversité linguistique témoigne de la pluralité culturelle et de l’héritage riche de ce pays. Elle représente un véritable atout pour l’identité nationale et contribue à la cohésion sociale ainsi qu’à la reconnaissance des différents groupes ethniques qui composent la société camerounaise. C’est dans cette logique que l’Association ACDI a initié une activité sur l’impact de la diversité linguistique et du multilinguisme sur le développement durable au Lycée Bilingue de Bobongo à Douala, au Cameroun. La langue joue un rôle déterminant dans la mise en œuvre des actions stratégiques visant à l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035.
La Journée internationale de la langue maternelle constitue une tribune essentielle pour promouvoir l’importance de la diversité culturelle, linguistique et du multilinguisme dans l’avènement de sociétés pacifiques et durables. Pour ACDI, le thème de la Journée, « La langue maternelle : un atout pour le développement durable », est l’occasion de sensibiliser et d’éduquer les apprenants sur l’impact de la diversité linguistique et du multilinguisme en explorant des approches différentes et mieux adaptées.
Cette activité s’est articulée en deux étapes.
Sensibilisation tout public dans le stand en plein air
De 10 h à 12 h 30, le stand de l’ACDI a vibré au rythme de la sensibilisation sur l’impact de la diversité linguistique et du multilinguisme sur le développement local. Les apprenants et le personnel administratif visitaient tour à tour le stand, posant des questions pertinentes. L’édification des visiteurs a tourné autour de la vision de l’UNESCO exprimée en 2017 :
« L’éducation équitable et l’apprentissage permanent pour tous ne sont possibles que lorsque l’éducation répond à la nature multilingue de la société. Les enfants, les jeunes et les adultes ont besoin d’opportunités d’apprentissage pertinentes pour leur vie et leurs besoins, dans et à travers leurs propres langues. »
Nous avons aussi sensibilisé les élèves sur la nécessité d’apprendre leur langue maternelle pour mieux connaître leur identité. Un moment de partage et de solidarité a permis de rappeler que le Cameroun compte plus de 250 langues, une richesse inestimable pour le développement local et national.
Échanges avec les élèves de classe de Terminale littéraire
De 13 h 30 à 15 h, un échange s’est tenu avec les élèves de Terminale A4 Espagnol. Vivien HOSSOU, président de l’ONG PSR du Bénin, a ouvert l’échange (via WhatsApp) :
« Les langues maternelles jouent un rôle crucial dans le développement durable en Afrique en favorisant la préservation des cultures, des savoirs traditionnels et des pratiques durables. Elles facilitent l’éducation accessible et inclusive, permettant une meilleure compréhension des enjeux environnementaux et socio-économiques. En intégrant les langues locales dans les initiatives de développement, on renforce la participation des communautés, ce qui est essentiel pour une mise en œuvre efficace des projets de durabilité. Ainsi, promouvoir les langues maternelles contribue à la diversité culturelle et à la résilience des sociétés africaines face aux défis contemporains. »
Ensuite, Osliane DENGKO, présidente de l’ACDI, a poursuivi :
« La langue est l’une des caractéristiques déterminantes de notre espèce; pourtant, lorsqu’il s’agit de développement local, elle est souvent en reste. Néanmoins, la langue est une problématique transversale, intimement liée à tous les aspects du développement humain. Le développement consiste à partager des expériences et des idées pour trouver de meilleures manières de travailler ensemble (Language & Development Conference, Dakar 2017). C’est pour cela que les langues d’initiative, d’éducation, de commerce, d’expression créative, de justice et de réconciliation sont cruciales pour un développement durable. Les activités de Langue et Développement jouent un grand rôle en dotant ces ethnies d’outils pour atteindre les ODD (1-8) adoptés par les Nations Unies en 2015. Quelques exemples concrets : la pauvreté, le manque d’accès à l’enseignement primaire, les inégalités et la maladie représentent des défis quotidiens. Le développement du potentiel des langues minoritaires peut devenir un élément clé pour aider des personnes à trouver leur propre solution à ces défis. Par ailleurs, l’écriture de leur langue maternelle et l’éducation multilingue peuvent devenir des outils pour se préparer à un avenir meilleur. Dans le monde, des groupes linguistiques minoritaires découvrent qu’en employant leur langue dans de nouveaux domaines, ils commencent à trouver des solutions aux défis mentionnés dans les OMD. C’est pourquoi les langues locales constituent un moyen pour atteindre les ODD. »
L’échange s’est conclu par un jeu de questions-réponses. Les langues anglaise, française, ghomala, bassa et duala ont été employées, avec recours à des interprètes lorsque nécessaire. Les apprenants ont salué cette approche inclusive et enrichissante.
En définitive, les interventions ont confirmé que la langue maternelle est un levier puissant pour le développement durable des communautés. Cette activité a réaffirmé l’importance de préserver et valoriser les langues locales pour assurer un avenir prospère et harmonieux.
Un grand merci aux associations, aux intervenants et aux visiteurs qui ont fait de cette journée un véritable succès ! Ensemble, soutenons nos langues maternelles !
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